On trouve ici une collection de rôles variés et de langues différentes, ainsi qu’une diversité de registres au sein de chacune d’elles ; des acteurs reconnus tels qu’Aina Clotet, Maggie Civantos, Magi, Eva Longoria, Marina Lozano, Jean Dujardin, Petrie Willink et d’autres y figurent en bonne place, aux côtés de nombreux comédiens moins connus mais tout aussi talentueux — et tout aussi remarquables.
Ici, Colin Morgan met en valeur sa maîtrise de l’anglais, dont il est natif, en incarnant un gangster à l’élocution soignée, un roi du XIXᵉ siècle à bout de nerfs, un agent des douanes issu de la classe ouvrière au ton passif-agressif, un semi-hooligan et, enfin, un mafieux espagnol inspiré de Poutine.
Dans cette démo, Colin Morgan démontre sa maîtrise de la langue française, sa langue maternelle, en interprétant successivement un Québécois — ou Canadien français — qui se retrouve dans un hôpital espagnol, un vagabond excentrique, un violeur se prenant pour un Casanova, un brigand du XIXᵉ siècle, un monarque fatigué, un serveur facilement irritable, et même un microbe sexuellement transmissible. Les accents varient, tout comme les attitudes et les gestes, afin de distinguer clairement chaque performance.
Dans le court-métrage Saturats (alias Saturados), Colin interprète un homme japonais — un choix risqué, mais qui reflète son entrée audacieuse dans les rôles en langue espagnole. Suivent un barman mexicain homophobe, un mafieux russe hispanophile, un ouvrier bilingue avec une version alternative en catalan, un Québécois ayant appris l’espagnol dans l’urgence, un semi-hooligan un peu benêt qui se révèle être un parfait locuteur catalan, et enfin un client satisfait d’un site de livraison, que certains soupçonnent d’avoir été doublé. (C’est faux.)
Cette bande débute par l’interprétation d’un archétype bien connu de l’industrie cinématographique : l’éternel figurant mis en avant, un homme qui ne connaît pas suffisamment le métier pour gravir les échelons. Malheureusement, nous pouvons tous nous reconnaître en lui, ce qui rend le rôle plus drôle qu’il ne devrait l’être. S’y ajoutent également quelques séquences volontairement absurdes : le serveur français excessivement susceptible, le brigand déboussolé, l’avocat procédurier charognard qui peine à lire un prompteur, le semi-hooligan une fois de plus, un avocat du Sud avec l’accent de Nouvelle-Orléans aussi approximatif que possible, la publicité pour le site web, et enfin un clin d’œil à un Colin plus jeune : une créature de Venice Beach débitant ses paroles à toute vitesse, pleine d’idées et d’argot, mais sans aucune capacité de suivi, tel la génération des Gen X.